Faire grandir l'Amour

J’aimerais rester dans la légèreté et le chocolat, mais les climats social, politique, environnemental, économique (et j’en passe) sont tellement tendus et sombres qu’il serait vraiment naïf et déconnecté de simplement vous inviter à vous joindre à nous le temps d’un repas. 


Les gens sont plus divisés et seuls que jamais. Plus qu’à n’importe quelle autre époque, nous avons accès en temps direct à ce qui se passe partout sur la planète. Malgré ça, on reste plus insensibles et immobiles face aux injustices, aux crimes contre l’humanité, aux catastrophes climatiques, à la guerre qui est le quotidien des enfants de Gaza, au régime ouvertement imposé à Cuba, à l’ICE de Trump qui sévit impunément aux US, aux hommes qui ont tué 6 femmes au Québec depuis le début de l’année, aux humains à qui on enlève toute dignité en ne leur offrant d’autres choix qu’une chaise en plastique dans une halte chaleur durant les nuits à -30, à l’omniprésence insidieuse et les risques émergents de l’intelligence artificielle, à la liste atrocement longue d’hommes qui ont fréquenté Epstein et participé à ses événements complètement bestiaux et hors de l’entendement (je n’ai pas les mots), à ces familles, personnes âgées et vivant seules - sans s’y limiter - qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts et qui ont recours aux banques alimentaires et aux services sociaux qui devraient en principe être le tissu social qui nous permet d’être collectivement solidaire de celles et ceux qui n’y arrivent pas (et non d’une majorité silencieuse qui n’est pas à la hauteur de cette société qui ne profite qu’à une poignée de gens qui s’enrichissent un peu plus chaque jour du labeur et de la misère de toutes celles et ceux qu’ils écrasent), de l’audience qu’on donne à des chroniqueurs et chroniqueuses qui vivent dans leur confort douillet et à qui on laisse la parole sur des sujets dont ils n’ont aucune connaissance tellement ils sont à des miles de leur réalité, de cette poignée de riches qu’on élèvent sur un piédestal alors que leur seul succès réside dans l’asservissement de la classe ouvrière, de la voix de celles qui dénoncent courageusement qu’on étouffe et expulse violemment de l’espace public... La liste est sans fin.


Plus localement, on a aussi nos enjeux ! Nous avons inscrit Léonard à la maternelle 5 ans hier. On se croise fort les doigts pour qu’il fréquente l’École de Baie-des-Sables, mais on sait très bien qu’on passe la hache dans les budgets en éducation, tout comme c’est le cas en santé, en environnement, dans la culture, dans le milieu social, en agriculture, etc. C’est quoi un village sans son école ? Depuis bon nombre d’années, on voit venir une crise du logement qui nous affecte durement aujourd’hui. C’était le mandat de nos municipalités de mettre la table pour plus de projets de logements sociaux, de logements abordables, pour attirer des familles, mais aussi permettre à nos aîné.es de rester dans leur milieu sans soutenir l’entretien et les coûts liés à une maison et en leur permettant d’avoir accès à des services et des soins. Aucun projet de ce genre n’a vu le jour dans notre municipalité. Comment prétendre qu’il s’agit d’une priorité ? Il en va pourtant de la vitalité de nos milieux quand on voit l’impact direct que ça a sur des infrastructures aussi élémentaires que l’école de village. Ce n'est pas une situation anecdotique, c'est un problème répandu en région.


On pourrait lister encore longtemps tout ce qui est problématique tellement il y a de situations révoltantes là, sous nos yeux. On est toutes et tous collectivement pris dans nos routines tellement organisées au quart de tour qu’on n’a plus la marge de manœuvre pour se réunir, se parler, se concerter, se révolter, se prendre en main. 


On est dû pour le faire ! Sans quoi, quelqu’un d’autre - le système - s’en occupe et on s’enfonce un peu plus dans le problème. C’est quoi la suite ?


Malgré tout ça, je reste persuadée que de créer des moments propices aux échanges et à la connexion humaine apporte l’ouverture vers l’autre et la compréhension. Ça nous uni dans nos réalités, nos causes et nos visions. Et c’est là qu’on devient fort ! Quand on réalise qu’en s’unissant on s’élève et que les revendications d’un groupe n’enlève rien à celles d’un autre (au contraire, elles prennent racine dans le même terreau), on se nourrit d’être ensemble. Je vais conclure sur la même note que mon amie Ora, il y a seulement l’Amour qui soit plus fort que la haine. La haine se nourrit de la division, l’Amour naît et grandit dans le fait d’être ensemble. Quand est-ce qu'on se rassemble ?

 

1 commentaire

Danielle Doyer

Très fière de toi ma petit-fille! Mais il y a de l’espoir avec des gens conscients des problèmes comme toi et il y a des solutions à mettre en œuvre. Demain, 14 février c’est la fête de l’amour mais aussi de l’amitié. Gandhi nous a dit d’être le changement que nous voulons voir…À nous d’agir!!!

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